Connnaître les sables et vasières couverts par les marées

Afin d’améliorer les connaissances des milieux sableux et vaseux recouverts par les marées, le Parc a lancé à l’automne 2020, et pour une durée de deux ans, le projet HABISSE. Ces espaces hébergent de nombreux invertébrés vivants enfouis dans le sédiment et qui jouent un rôle fondamental dans les chaînes alimentaires.

Le littoral du Parc naturel marin des estuaires picards et de la Mer d’Opale s’étend sur 118 km de côte. S’y succèdent de vastes plages sableuses entrecoupées d’estuaires : la Slack, le Wimereux, la Liane, la Canche, l’Authie, la Somme et la Bresle.
L’alternance des marées permet à la mer de couvrir et découvrir régulièrement de vastes espaces sableux et vaseux. Caractéristiques du Parc, ils constituent le lien entre la terre et la mer. Ces surfaces régulièrement immergées sont appelées « intertidales » : « inter » pour « entre » et « tidal » pour « marées » (tide, en anglais). Et parce que les marées sont ici d’une grande amplitude, on parle d’environnement « macrotidal » ("macro" pour "grand").

Loin d’être des milieux sans vie, le sable et les vasières des estuaires sont ce qu’on appelle des « habitats » : parties de l'environnement définies par un ensemble de facteurs physiques, et dans lesquelles vivent une population, une espèce ou un groupe d'espèces représentatives. De fait, ils hébergent de nombreux invertébrés vivants enfouis dans le sédiment : vers polychètes, mollusques bivalves, petits crustacés, etc.  Ces organismes, constituent ce que l’on appelle le « benthos » et jouent un rôle fondamental dans les chaînes alimentaires : ils nourrissent de nombreuses espèces d’oiseaux et de poissons patrimoniaux.

Illustrations du benthos

Illustrations du benthos

Camille Dégardin / Office français de la biodiversité

Illustrations du benthos

Camille Dégardin / Office français de la biodiversité

Talitrus saltator ou "puce de mer"

Talitrus saltator ou "puce de mer"

Sylvain Dromzée / Office français de la biodiversité

Talitrus saltator ou "puce de mer"

Sylvain Dromzée / Office français de la biodiversité

Chars à voile dans l'estuaire de la Somme en vue aérienne

Chars à voile dans l'estuaire de la Somme en vue aérienne

Laurent Mignaux / Terra

Chars à voile dans l'estuaire de la Somme en vue aérienne

Laurent Mignaux / Terra

Si le littoral du Parc joue ainsi un rôle important dans le cycle de vie de nombreuses espèces marines et estuariennes, il se révèle également très attractif pour l’Homme. Des activités denses et variées y prennent place : pêche à pied professionnelle et de loisir, mytiliculture, pratiques sportives et récréatives (char à voile, course à pied, randonnées), manifestations culturelles, ou encore aménagements maritimes (rechargements de plage, enrochements, digues etc.). Enfin le milieu marin constitue le réceptacle final des flux de pollutions issus des bassins versants, et notamment de la contamination chimique.


Ces nombreuses activités humaines sont susceptibles de générer des impacts sur l’état de conservation des habitats pour lesquels le Parc a une responsabilité de préservation.

Le projet HABISSE

L’atteinte du bon état écologique des habitats sédimentaires intertidaux, sableux et vaseux, est au cœur des enjeux du territoire du Parc. Le plan de gestion, feuille de route des actions qu’il doit mener sur 15 ans, liste les objectifs suivants concernant ces milieux :

  • Une bonne connaissance des habitats marins et de transition (cartographies, surfaces) et de leurs intérêts ;
  • Le bon état de conservation des habitats estuariens et autres substrats meubles (habitats 1130, 1140 et 1110 au sens de Natura 2000) ;
  • Le maintien de la diversité d’habitats fonctionnels à l’échelle de chaque estuaire, et l’expression optimale des fonctionnalités écologiques ;  
  • Le bon état de conservation des populations d’espèces ordinaires clés, en particulier les producteurs primaires et secondaires (macrofaune benthique) ;
  • Le bon état chimique et écologique des masses d’eau côtières et de transition dans lesquels sont localisés ces habitats.


Dans ce cadre, afin d’améliorer les connaissances sur ces habitats et de favoriser une gestion durable des espaces intertidaux, le Parc a lancé à l’automne 2020, et pour une durée de deux ans, le projet HABISSE (‘’Habitats Benthiques Intertidaux Sensibles’’) dont la réalisation est confiée au bureau d’étude CREOCEAN, en partenariat avec le GEMEL et le Laboratoire d’Océanologie et de Géosciences (LOG).  

Ce projet vise en premier lieu à produire une cartographie détaillée de ces habitats sur l’ensemble du territoire du Parc naturel marin, dans les trois typologies (classifications) d’habitats actuellement en vigueur (Natura 2000, EUNIS et Nationale ATL-MMN V3). Il s’agira également de déterminer les surfaces occupées par ces différents habitats.

Pour ce faire, seront employé les protocoles d’échantillonnage standardisés dans le cadre de la Directive Cadre sur l’Eau (DCE) au niveau de 250 stations réparties le long des plages et estuaires du Parc. Les prélèvements de sédiment, à pied à l’aide d’un carottier et à la benne depuis un navire, fourniront pour chaque station des informations sur la nature granulométrique, la composition des communautés macrobenthiques (liste d’espèces, biomasses) et le taux de matière organique.

Utilisation d'un carottier dans le cadre du projet HABISSE

Utilisation d'un carottier dans le cadre du projet HABISSE

Fabien Roux / Office français de la biodiversité

Utilisation d'un carottier dans le cadre du projet HABISSE

Fabien Roux / Office français de la biodiversité

Carotte de sédiments

Carotte de sédiments

Fabien Roux / Office français de la biodiversité

Carotte de sédiments

Fabien Roux / Office français de la biodiversité

Carte du projet HABISSE - vue générale

Carte du projet HABISSE - vue générale

Office français de la biodiversité

Carte du projet HABISSE - vue générale

Office français de la biodiversité

En parallèle de l’étude des communautés benthiques, un état des lieux de la contamination chimique (métaux lourds, hydrocarbures, pesticides, etc.) sera réalisé dans ces habitats. Rappelons-le, ils constituent un lien terre-mer et sont fortement soumis aux pressions anthropiques, notamment les flux de contamination des bassins versants pour lesquels les données restent encore peu nombreuses et lacunaires sur le territoire du Parc. Ainsi, une analyse de la pression de contamination et de ses impacts potentiels sur les communautés benthiques sera également réalisée. Ce diagnostic permettra de mettre en œuvre l’indicateur « qualité chimique des eaux du Parc » (basé sur les données de concentration en contaminants dans le sédiment) et de compléter les suivis existants faits dans le cadre des directives européennes DCE et DCSMM. 

Pour ce faire, seront employés les protocoles d’échantillonnage standardisés dans le cadre de la Directive Cadre sur l’Eau (DCE), de la Directive Cadre Stratégie sur le Milieu Marin (DCSMM) utilisés dans le cadre du réseau de suivi ROCCHSED au niveau de 30 stations réparties le long des plages et estuaires du Parc.

Échantillonnage du sédiment pour le dosage des contaminants chimiques (protocole ROCCHSED)

Échantillonnage du sédiment pour le dosage des contaminants chimiques (protocole ROCCHSED)

Fabien Roux / Office français de la biodiversité

Échantillonnage du sédiment pour le dosage des contaminants chimiques (protocole ROCCHSED)

Fabien Roux / Office français de la biodiversité

L’ensemble des données sera bancarisé dans la base Quadrige² et servira à des travaux ultérieurs portants sur le calcul d’indicateurs de la qualité du milieu et l’évaluation de l’état de conservation de ces habitats. Les résultats de cette étude appuieront la révision de l’Annexe Natura 2000 au plan de gestion du Parc, la mise en place des Analyses Risques Pêche (ARP), et serviront à orienter les choix de gestion du Parc naturel marin.


Ce projet bénéficie d’un soutien technique et financier de la part du Life MARHA.

Chiffres clés du projet HABISSE

Consulter l'actualité du projet

Estuaire de la Somme en vue aérienne, espace intertidal.

Estuaire de la Somme en vue aérienne, espace intertidal.

Laurent Mignaux / Terra

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Laurent Mignaux / Terra

Fréquentation touristique sur les plages de la Côte d'Opale

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Laurent Mignaux / Terra

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Laurent Mignaux / Terra

Pratique du char à voile dans la baie de Somme

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Laurent Mignaux / Terra

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Laurent Mignaux / Terra

La baie de Somme en vue aérienne

La baie de Somme en vue aérienne

Laurent Mignaux / Terra

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Laurent Mignaux / Terra

L'estuaire de la baie de Somme vu du ciel

L'estuaire de la baie de Somme vu du ciel

Laurent Mignaux / Terra

L'estuaire de la baie de Somme vu du ciel

Laurent Mignaux / Terra

Phoques sur leur reposoir en baie de Somme

Phoques sur leur reposoir en baie de Somme

Laurent Mignaux / Terra

Phoques sur leur reposoir en baie de Somme

Laurent Mignaux / Terra

Vue aérienne de l'estuaire de la Somme: eau et sable mêlés

Vue aérienne de l'estuaire de la Somme: eau et sable mêlés

Laurent Mignaux / Terra

Vue aérienne de l'estuaire de la Somme: eau et sable mêlés

Laurent Mignaux / Terra

L'estuaire de la baie de Somme vu du ciel

L'estuaire de la baie de Somme vu du ciel

Laurent Mignaux / Terra

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Laurent Mignaux / Terra

Vol d'oiseaux dans la baie de Somme

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Laurent Mignaux / Terra

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Laurent Mignaux / Terra