La pêche maritime professionnelle

Le secteur du Parc occupe une place de premier plan pour l’exploitation des ressources de pêche, aussi appelées « halieutiques » :

  • Boulogne-sur-Mer, 1er port de pêche français pour le débarquement total et pour sa pêche artisanale : avec plus de 28 000 T débarquées/an (pêche artisanale et hauturière).
  • L’estuaire de la Somme, 1er gisement national de coques, et site d’importance pour la pêche à la crevette grise sur le secteur.
  • Boulogne-sur-Mer accueille le plus grand centre de transformation des produits de la mer en Europe. La pêche artisanale approvisionne cette industrie locale, mais elle transforme également les produits en provenance de mers plus lointaines.

La pêche maritime se répartit sur cinq ports : Boulogne-Sur-Mer, Le Crotoy, St Valery-sur-Somme, Le Hourdel et Le Tréport.

Deux types de pêcheries artisanales

Les navires qui pratiquent la pêche dite « artisanale » sont les fileyeurs et les chalutiers :

Le fileyeur est un navire de pêche pratiquant un art dormant : il dépose ses filets sur le fond et revient les relever plus tard. Il peut utiliser plusieurs types de filets, (tremail, filet droit…).
Il y a environ 50 fileyeurs dans les eaux du Parc. Ces bateaux mesurent généralement 12 mètres, et en tous cas moins de 18 mètres. Ils embarquent un équipage de 2 à 5 marins, pour des marées (sessions de pêche) de 12 à 24 heures. Ces navires ramènent 0,5 à 1,5 tonnes de plie, sole, cabillaud, sèche, merlan ou encore maquereau.

 

Oiseaux marins suivant de près les fileyeurs rentrant dans le port de Boulogne-sur-mer

Oiseaux marins suivant de près les fileyeurs rentrant dans le port de Boulogne-sur-mer

Yves Gladu / Office français de la biodiversité

Oiseaux marins suivant de près les fileyeurs rentrant dans le port de Boulogne-sur-mer

Yves Gladu / Office français de la biodiversité

Bateau de pêche chalutier dans la Manche

Bateau de pêche chalutier dans la Manche

Laurent Mignaux / Terra

Bateau de pêche chalutier dans la Manche

Laurent Mignaux / Terra

Le chalutier doit son nom au chalut, un engin de pêche appartenant aux arts traînants. Ce filet a une forme caractéristique en entonnoir, prolongé à l'ouverture par des ailes pour en élargir la portée. Le chalut est traîné par des câbles d'acier. Un système combiné de panneaux et de chaînes permet de maintenir béante son ouverture et d'en régler la forme et la profondeur. Le filet est tracté par le navire (on dit faire « un trait ») de quelques minutes à quelques heures selon les stratégies de pêche du capitaine, puis remonté et hissé sur le pont.
Il y a environ 60 chalutiers dans les eaux du Parc. Les chalutiers « étaplois » - représentées par des pêcheurs artisans originaires d’Étaples-sur-Mer - mesurent entre 18 et 25 mètres et comportent un équipage de 4 à 6 marins. Ils embarquent pour des marées (sessions de pêche) de 24 à 96h. Ils peuvent rapporter entre 3 et 5 tonnes de poissons, essentiellement : merlan, maquereau, rouget barbet, encornet.

Quatre communautés de pêcheurs

Le périmètre du Parc est fréquenté par plusieurs communautés de pêcheurs rattachées à des ports différents. A chacune de ces communautés, au-delà du seul port de rattachement, correspondent une pratique de pêche, un métier, une ou plusieurs espèces cibles.

Ainsi ces communautés de pêcheurs différenciées, de Boulogne-sur-Mer au Tréport, en fonction des ports de rattachement, des métiers (chalutiers, fileyeurs, crevettiers, etc.) et de l’histoire ont contribué à structurer les activités en lien avec le territoire.

Les fileyeurs « Boulonnais »


La pêche au filet trémail, filet composé de trois nappes superposées, est une activité récente dans la région. De nombreux artisans venant pour partie d’une pêche semi-déclinante ou encore de la sidérurgie ont développé cet art du trémail dans les années 1980.

Cette communauté est composée d’environ 50 fileyeurs, ciblant principalement la sole commune, la plie, le cabillaud et la seiche.

Oiseaux marins suivant de près les fileyeurs rentrant dans le port de Boulogne-sur-mer

Oiseaux marins suivant de près les fileyeurs rentrant dans le port de Boulogne-sur-mer

Yves Gladu / Office français de la biodiversité

Oiseaux marins suivant de près les fileyeurs rentrant dans le port de Boulogne-sur-mer

Yves Gladu / Office français de la biodiversité

Bateau de pêche chalutier dans la Manche

Bateau de pêche chalutier dans la Manche

Laurent Mignaux / Terra

Bateau de pêche chalutier dans la Manche

Laurent Mignaux / Terra

Les chalutiers « Etaplois »


De 18 à 25 m, ils pratiquent la pêche côtière et ciblent principalement le merlan, le maquereau, le rouget barbet de roche, l’encornet et le cabillaud.
Les contraintes techniques et économiques font que les chalutiers étaplois sont désormais basés au port de Boulogne-sur-Mer, port en eau profonde, accessible en permanence pour débarquer la pêche fraîche et chercher un abri lors d’un coup de vent.

La flottille de la Baie de Somme : les polyvalents et crevettiers


Il s’agit d’une flottille de petite taille (9 à 12 m majoritairement), relativement âgée, avec des bateaux de plus de quinze ans en moyenne. La pêche est essentiellement côtière et artisanale, et deux métiers sont particulièrement utilisés : le chalut à perche modifié pour les soles et le chalut de fond à crevettes.
Activité de pêche estuarienne traditionnelle, elle est pratiquée par une trentaine de petits chalutiers polyvalents, elle est autorisée dans la bande côtière et dans certaines zones des estuaires de la Somme, de l’Authie et de la Canche.

Un crevettier dans la baie de Somme : un chalutier spécialisé dans la pêche à la crevette

Un crevettier dans la baie de Somme : un chalutier spécialisé dans la pêche à la crevette

Vincent Toison / Office français de la biodiversité

Un crevettier dans la baie de Somme : un chalutier spécialisé dans la pêche à la crevette

Vincent Toison / Office français de la biodiversité

Bateaux de pêche polyvalente au Tréport

Bateaux de pêche polyvalente au Tréport

Line Viera / Office français de la biodiversité

Bateaux de pêche polyvalente au Tréport

Line Viera / Office français de la biodiversité

La flottille des « Tréportais », bateaux polyvalents


Il s’agit de navires hauts-normands pour la moitié, picards pour l’autre moitié, armés par les gens de la Somme et pratiquant plusieurs métiers (coquillard, crevettier, chalut ou chalut à perche modifié, filets). Ces navires sont de tailles comprises essentiellement entre 10 et 16 m. Ces navires ciblent généralement une espèce particulière à une période donnée (ex : crevettes, coquilles…).

Règlementation

Les activités de pêche professionnelles sont encadrées par des règlements européens.

Du fait des enjeux économiques que représentent cette activité et sa nécessaire durabilité, les pêcheurs professionnels ont mis en place des mesures de gestion (licences de pêche, gestion particulière de stocks ou de métiers). La quasi-totalité des métiers à l’intérieur du Parc est soumise à un régime de licences qui autorisent le plus souvent la pratique d’un métier mais aussi, parfois, la pêche d’une espèce dans une ou plusieurs zones définies.

Vente en criée et vente directe

Le mode principal de vente du poisson frais est la criée qui met face à face l’offre des pêcheurs et la demande du marché dans un lieu portuaire spécifique. Autrefois, les enchères étaient données à la voix dans la halle a marée, d’où le terme « criée » qui, par extension, a fini par qualifier aussi le lieu où se déroule cette vente.
Entre 40% et 50% de la débarque en criée est faite par les chalutiers « Etaplois », environ 5% proviennent des fileyeurs et des polyvalents boulonnais, entre 10 et 20% ces dernières années par des pêcheurs d’autres ports. Le reste est débarqué par les autres flottilles européennes autorisées (5 à 10% des apports) et moins de 30% par la pêche au large (navires hauturiers boulonnais, pêchant le lieu noir principalement, en Mer du nord).

Marché à la criée, port de Boulogne-sur-Mer

Marché à la criée, port de Boulogne-sur-Mer

Laurent Mignaux / Terra

Marché à la criée, port de Boulogne-sur-Mer

Laurent Mignaux / Terra

Enseigne de la poissonnerie municipale du Tréport

Enseigne de la poissonnerie municipale du Tréport

Line Viera / Office français de la biodiversité

Enseigne de la poissonnerie municipale du Tréport

Line Viera / Office français de la biodiversité

Le consommateur peut aussi acheter ses produits de la mer fraîchement débarqués sur le quai, directement à l’étal. C’est le cas dans les ports de Boulogne, Etaples, Le Crotoy ou Le Tréport.

Acheter son poisson, ses coquillages ou ses crustacés directement à l’étal permet de privilégier la saisonnalité des espèces, avec la possibilité d’être en contact avec le pêcheur et de bénéficier d’une tarification avantageuse.

Evoluer pour perdurer

La pêche professionnelle, jadis florissante, fait face à de nombreuses difficultés socio-économiques : arrêt définitif ou partiel de certains métiers, difficultés d’installation des jeunes, viabilité à long terme de certains métiers, etc. La raréfaction de certaines ressources, les mesures européennes d’encadrements pour protéger les stocks et la concurrence du partage de l’espace marin dans le cadre d’une politique marine intégrée sont autant de facteurs impactant lourdement cette activité.

Le Parc doit soutenir les efforts engagés pour accompagner l’activité de pêche de façon durable, en contribuant au développement durable des activités et en accompagnant des approches innovantes de gestion des pêches, ainsi qu’une gestion concertée des ressources.